Les mobilités humaines et l’environnement : un enjeu repensé grâce à la crise

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Un article par Elise Charrier le 18 octobre 2020

L’environnement et plus particulièrement le changement climatique est une donnée essentielle des préoccupations humaines. Cette préoccupation a été renforcée pendant la période de confinement qui a permis une prise de conscience de l’activité humaine néfaste à la planète. En effet, même si le virus place en priorité la santé publique, le confinement a pu montrer que chaque individu est susceptible de réduire son impact sur l’environnement. Il a pu alors s’agir de commencer à consommer localement. En parallèle, l’essor du télétravail a suggéré qu’il n’est pas forcément nécessaire de se déplacer pour aller au travail. C’est alors l’ensemble des déplacements humains qui ont pu être repensé par la crise.

Le télétravail a mis en avant que les voyages d’affaires qui coûtent 1000 milliards de dollars par an peuvent être considérablement réduits

Le confinement a tout d’abord conduit à l’arrêt progressif des vols d’avion. Cela est venu relancer le débat sur les avantages et les inconvénients de ce moyen de transport. En effet, même si l’avion permet des trajets rapides, il entraîne une forte pollution dans l’atmosphère. Le télétravail a mis en avant que les voyages d’affaires qui coûtent 1000 milliards de dollars par an [1] peuvent être considérablement réduits et peuvent se faire par le biais de réunions à distances. L’idée sous-jacente est de diminuer la fréquence des vols en avion. Des propositions récentes visent également la mise en place d’avions électriques légers, voire hybrides à turbopropulseurs qui seraient alors plus économes en kérosène et réduiraient donc la pollution de l’air.

Un autre enjeu consiste en la suppression des trajets aériens au sein d’un même pays

Un autre enjeu consiste en la suppression des trajets aériens au sein d’un même pays, ce que qu’on appelle les trajets transversaux. Le problème actuellement de ce type de trajet est que le tarif est plus attractif pour l’avion que pour le train. Le train qui est pourtant un moyen de transport moins polluant que l’avion est alors placé au second plan. La raison du choix de l’avion au détriment du train est aussi une question de manque de desserte. En effet, de nombreux territoires sont mal desservis, ce qui entraîne des détours importants et donc des trajets longs qui orientent vers le choix de l’avion, plus rapide. Pour que les populations choisissent de manière plus générale le train il apparaît nécessaire d’augmenter l’étendue du réseau ferroviaire. Par ailleurs, le covoiturage est reconnu comme étant une solution économique pour les utilisateurs mais aussi plus respectueuse de l’environnement que plusieurs voitures avec un seul passager.

« ambition de repenser la place de la voiture en ville »

Johanna Rolland

Au niveau des villes, de nombreux élus locaux s’engagent à repenser les mobilités urbaines. C’est notamment le cas à Nantes. Johanna Rolland, la maire de Nantes déclare son « ambition de repenser la place de la voiture en ville ». L’idée est que la voiture devienne à Nantes un moyen de transport subsidiaire. De nombreuses pistes cyclables ont vu le jour et les zones piétonnes se multiplient. Par exemple, le Pont Saint Mihiel est passé en zone piétonne à la fin du confinement en mai. Dans une décision récente, du 16 octobre le Conseil de Nantes Métropole a prévu qu’il n’y aurait plus de parking place de la Petite Hollande. Un espace entièrement réservé aux piétons va dont être aménagé à la place.

Même si le chemin reste long pour repenser totalement les mobilités humaines afin qu’elles soient complètement respectueuses de l’environnement, la crise a permis de relancer un enjeu majeur qui n’appelle qu’à être poursuivi.


[1] Selon le site Latribune.fr